Ce blog virtuel est celui du groupe "Elémentaliens" située sur le réseau social "Facebook". L'esprit de ce groupe réside dans la vision éthérique que chacun peut avoir, des oeuvres et autres magnificences offertes par Dame Nature. Toutes les particularités, qu’elles soient inhabituelles, tissées de tendresse ou tenant de l’exceptionnel, y sont exploitées avec une certaine émotion ou admiration de circonstance selon le sujet évoqué.
C'est un peu une sauvegarde des meilleurs articles, photos et vidéos diffusés par les membres de cette fraternité sociale. Il est juste demandé de proposer de véritables de photos cachetées d’authenticité, d'éviter les montages hasardeux ou trompeurs, ainsi que d'exploiter le côté artificiel, et surtout pas d’historique erronés ou de propos hasardeux voire inventés. Les envolées poétiques, quelles fussent dans l’azur des descriptions ou les photos, y sont fortement encouragées, la bonne humeur et l’humour également. Une charte basée sur le respect d’autrui est évidemment proposée à l’adoption, ce qui représente la condition principale d’une bonne influence collective.

Article N°166 Elendë Nolofiñwé

LE ROSEAU ET LA JONQUILLE (Conte Elemental)

Sur les vastes terres d’une Auvergne florissante, alors que les oiseaux fêtaient le printemps de leurs mille chants joyeux, le petit étang d’une bourgade perdue dans les montagnes, célébrait la vie de tous ses résidents.

Les hérons, armés de leurs longs becs, trouvaient aisément leur pitance parmi les poissons grouillants ; les grenouilles se repaissaient d’une multitude d’insectes ; les fleurs s’étiraient de leur long sommeil en s’ouvrant de tous leurs pétales ; Les fourmis travailleuses arpentaient les abords en quête de nourriture pour leur reine ; les libellules coquettes rasaient la surface de l’eau pour mieux s’y mirer ; les papillons formaient de petits nuages colorés au dessus des berges fleuries. Tout ce petit monde célébrait cette renaissance annuelle en y apportant sa propre contribution, qu’elle fut couleur, odeur ou chant, tout le monde était en joie, sauf… un pauvre petit roseau qui était dans la souffrance.

Alors que ses congénères s’étourdissaient de toute cette vie qui les entourait, lui, le pauvre roseau, courbait le feuillage vers le sol, comme s’il voulait retourner en sommeil dans la terre d’hiver.

Toutes les autres plantes qui habitaient les bords de berge le croyaient malade, chacune s’attendait à ne plus le voir, tout le monde pensait qu’un jour il se flétrirait. Mais, personne ne savait pourquoi, aucun d’eux ne connaissait le secret de ce roseau triste et silencieux. Aussi, un jour, l’une de ses rares et proches voisines, une élégante jonquille, touchée par son accablement, lui demanda d’où lui venait cette grisaille alors que l’artiste printemps peignait le bonheur.

Au début, le roseau garda silence en libérant une goutte de rosée que ses longues feuilles avaient conservée depuis l’aurore. Cette larme toucha davantage dame jonquille, qui, profitant d’une brise passagère bien décidée, se ploya vers le roseau pour l’enlacer momentanément de ses feuilles verdoyantes. Le roseau, ému par tant de commisération, la remercia de quelques paroles timides.

- Comment vous remercier de tant de compassion

Ne préféreriez-vous point fêter le printemps ?!

Détournez-vous du pauvre roseau moribond

Il n’y a de place en moi que pour le tourment

Dame jonquille ne souhaitait pas abandonner ce pauvre roseau aux affres de ses états d’âme, aussi décida-t-elle d’en savoir plus long sur son histoire.

- Je ne connais guère les raisons qui vous affligent

Que pourrais-je donc faire pour vous en consoler ?

On dit que les ritournelles chassent les litiges

Hors je vois qu’avec la vie vous êtes fâché

Au début fort gêné, le roseau expliqua à dame jonquille que ses tourments n’étaient pas du à un rejet de la vie, bien au contraire, car un climat de confiance s’était maintenant installé, mais le pauvre roseau craignait que son histoire n’altère les humeurs joyeuses de dame jonquille.

- Ô grand non dame jonquille, si vous le permettez

Jadis, mon enthousiasme était comme un soleil

Il ne cessait, au sein de mille feux, d’en briller

Et ses couleurs s’étendaient de l’ambre au vermeil

- Mes maux sont profonds et de toute autre nature

Vous livrer mon secret durerait jusqu’au soir

Ce terrible récit n’est fait que de ratures

D’où les larmes s’écoulent vers un grand désespoir

- Aussi, je ne puis vous infliger ce destin

Votre grande joie est un appel à la vie

Une vie que vous consommez comme un festin

Hors, dans quelques jours s’éteindra votre bougie

Malgré les quelques jours de floraison qui étaient comptés à dame jonquille, elle n’en demeurait pas moins convaincue que l’histoire du roseau devait faire l’objet de toute son attention. Ne valait-il mieux pas être enrichie d’une belle et triste histoire à l’aube du trépas, que de profiter de la vie en n’ayant rien appris… ?! Aussi rassura-t-elle le roseau sur son choix.

- Mon cher roseau, bien que le temps me soit compté

Je préfère mourir, enrichi de votre histoire

Que de rendre l’âme, sans une seule larme versée

Contez-moi à présent tout votre désespoir

Le pauvre roseau se courba en gage de remerciement, aidé par la brise, il effleura les feuilles de dame jonquille qui était prête à lui offrir une journée entière de sa vie, alors qu’elle n’en disposait que de bien peu. Ce cadeau allait droit au cœur du roseau, lui qui était enrichi d’une vie interminable

- Très chère jonquille, votre grandeur d’âme me touche

Je vous conte à présent ma bien cruelle histoire

- Il fut un temps de bonheur pour la demoiselle roseau que je suis, car, là ou l’étang se rétréci, en face même de notre berge, il y avait là un très beau roseau de belle lignée, à l’élégant feuillage, dressé comme un prince charmant, et qui, à force de volonté, m’avait savamment ravi mon cœur. J’entretenais avec lui des dialogues enflammés, et mon bois palpitait chaque matin, lorsque la lumière caressait ses premières feuilles, je savais que ma journée allait être jouée sous le chapiteau de l’émotion. Je revois encore nos débats lors de son entreprise, lorsqu’il vouait sa quête à s’approprier mes faveurs. Il me dit un jour :

- Ma très chère ! Que ne puis-je déposer au pied de vos tiges délicates tous mes sentiments, dont je conserve le nectar dans un fort bel écrin, prêt à vous les offrir de chaque instant. Ne faudrait-il pas que vous fûtes à mes côtés pour unifier cette harmonie qui nous attache si agréablement.

- Que puis-je répondre à tous vos mots si doux, mon prince !?...

Vous êtes comme un roseau que les vents affolent, écoutez plutôt ces paroles.

Certes, les sentiments nous enchainent, mais nous sommes deux roseaux situés à chaque bord de l'étang, nous pouvons nous regarder, mais pas nous enlacer. Pour rendre cet amour possible, il faudrait que l'un des deux se déracine et se traine jusqu'à l'autre. D'autres roseaux sont pourtant à votre proximité, vous qui habituellement enlacez si facilement, que venez-vous quêter le cœur déjà saignant de ma pauvre fleur, que ne restons-nous à nous regarder en nous aimant, nous ne sommes point balayés par les mêmes vents. Les vôtres vous penchent régulièrement aux pieds de jolies fleurs que vous ne manquerez point de cueillir le moment venu, car c’est le lot des plus beaux roseaux de cet étang. Le vent qui s'occupe de ma berge par contre, me caresse tout juste le feuillage et ne me permet guère de me faire joie des mêmes découvertes.

- Qu’entends-je là ! Vous qui habitez mon cœur… ne vous méprenez point sur les caprices aériens de ces vents farceurs, je n’en suis que le jouet affolé, lorsque les rafales me poussent vers les feuillages verdoyants d’autres demoiselles, c’est à peine si je les distingue, et ce, malgré l’accueil chaleureux qui m’est fait. Je n’ai de pensée que pour vous, ma très chère, je prie chaque jour pour qu’un miracle nous rapproche. La salicorne, une cousine éloignée, pense qu’il nous faudrait une aide extérieure pour que nous franchissions cette barrière insoluble.

- Ce cher prince avait décidé d’officialiser notre union, et ce malgré cet obstacle insurmontable, il disait que la force des sentiments pouvait avoir raison de toutes les infortunes, dusse t-il passer le reste de ses jours à me regarder, il m’aimait je pense. Mais un jour…

Dame jonquille se redressa, surprise de ces derniers mots. Elle vit le feuillage du pauvre roseau s’affaisser comme si tout le poids du ciel il ne pouvait supporter. Son silence marquait une suite tragique, dame jonquille n’osait prononcer un son, tant le chagrin de demoiselle roseau était palpable. Mais, elle se reprit, et poursuivit son histoire tragique.

- Alors que les derniers mots de mon prince résonnaient encore dans mon feuillage, je m’endormis un soir en conservant la joie du lendemain, ce bonheur de le voir s’éveiller à quelques pieds de moi. Mais, lorsqu’au petit matin le soleil balaya doucement la berge d’en face, lorsque chacun revenait à la vie, mon regard plongea automatiquement vers lui, j’attendais que mes fibres se resserrent d’émotion lorsque je le verrais. Et, je ne le vis point. Je restais comme paralysée. La peur m’envahissait soudain, ne le voyant plus nul part, je le cherchais désespérément, j’étais paniquée, il n’était plus là. Depuis ce jour, le chagrin me ronge le cœur, je n’ai de désir que de retourner sous mes racines pour ne plus me torturer, pour mettre un terme à mes souffrances.

Pendant que dame jonquille, les larmes à la fleur, écoutait demoiselle roseau conter sa terrible histoire, une hirondelle se posa sur le pauvre roseau. Elle lui souhaita la bienvenue, l’hirondelle lui répondit.

- Merci pour ton accueil demoiselle roseau ! Tes branches faiblissent, serais-tu souffrante ?

Dame jonquille répondit à l’hirondelle

- Non ! C’est bien pire encore, elle se laisse mourir.

L’hirondelle, rétorqua à la grande surprise générale.

- Décidément ! Le printemps est une fête, et toi tu veux mourir, ça fait deux fois dans la même journée, cela commence à faire beaucoup.

La demoiselle roseau redressa spontanément son feuillage, l’oiseau manqua de tomber.

- Hé ! Fais attention ! Un peu plus tu me faisais chuter, que t’arrive t-il ?

Demoiselle roseau qui demanda sans plus attendre

- Ou as-tu vu un autre roseau qui se mourrait ?

L’oiseau répondit

- Près de la cabane aux pêcheurs, au fond de l’étang, il y a là-bas un roseau qui est comme toi, il se laisse mourir. Peu avant le lever du soleil, il y a plusieurs jours, un humain est venu le chercher pour le replanter là-bas, mais le sol ne doit pas lui convenir, car il se meurt.

La demoiselle roseau se mit dans tous ses états, son feuillage entier frissonnait

- C’est lui ! C’est mon prince, je le sens. Il se meurt comme moi, d’être ainsi séparé nous condamne. Que faire ?... Mais que faire ?...

L’oiseau lui dit :

- Je comprends mieux à présent ! Maintenant le sort de ton aimé est entre les mains des hommes. Toutes mes générations familiales ont appris à ne pas leur faire confiance, alors tu peux prier, car il existe des humains cruels et d’autres, beaucoup moins nombreux, qui nous aiment.

Et dame jonquille d’ajouter :

- Je pense que cette brave hirondelle a raison. Nous devons nous en remettre au destin et prier les faveurs de la fée « dame Melior », ou encore invoquer ses sylphes.

La demoiselle roseau :

- Ho mais… Chère hirondelle, ne pourrais-tu avertir mon aimé que nous savons ou il se trouve, il reprendrait ainsi espoir.

Et l’hirondelle de répondre :

- Si tu le souhaites demoiselle roseau, cela lui ferait grand bien, car il fait peine à voir, aucun de mes frères n’ose se poser dessus de peur de le rompre.

Pendant que demoiselle roseau s’apitoie sur le sort de son aimé, dame jonquille s’écrie :

- Je ne pense pas que ton choix soit le bon, car s’il reprend espoir, il se redressera et tu ne le reverras plus, les pêcheurs le laisseront près de leur cabane. Si par contre, il continue d’ainsi s’affaiblir, les hommes pourraient bien le remettre là ou ils l’ont pris, pensant que son sol d’origine sera plus adapté.

L’hirondelle de répliquer :

- L’idée est cruelle certes, mais lumineuse, il vaut mieux récupérer ton aimé affaibli que de le perdre.

Après une réflexion mesurée, demoiselle roseau prend la parole :

- Il est vrai que si l’on pouvait se revoir, bien qu’affaibli, il se remettrait à n’en point douter. Si tel n’était pas le cas, alors, nous serions condamnés à une souffrance qui aurait raison de nous.

Ainsi laissèrent-ils le prince roseau dépérir des jours entiers, la demoiselle roseau avait le cœur serré tant les angoisses submergeaient sa conscience, elle priait de toutes ses forces la fée des sylphes afin qu’elle intervienne en influençant le cœur des hommes. Le genre humain représentait ce qui existait de plus effrayant dans le monde animal et végétal, aucune forme de vie ne pouvait se vanter qu’un jour, un être humain eut été digne de confiance. Tôt ou tard, cette espèce ressortait ses instincts destructeurs, certains prédateurs chez les animaux, avaient été surpris dans des empathies avec d’autres espèces plus vulnérables, ce qui les rendait plus étonnants encore que les humains eux-mêmes.

Quelques jours plus tard, dame jonquille commençait à accuser une fatigue anormale, quelques-uns de ses pétales viraient au marron et une partie de sa corolle commençait à fléchir. Demoiselle roseau compris rapidement que dame jonquille était arrivée au terme du temps que lui avait accordé Dame nature. Elle laissa couler quelques perles de rosée, à l’idée de perdre son amie, des larmes de diamant qui se dévoilaient sur ses tiges longilignes. Dame jonquille en aperçu l’éclat, et malgré que sa fleur inexorablement se rapprochait du sol, soupira à demoiselle roseau les mots suivants :

- Ne pleurez donc point chère amie, demain sera ma dernière journée, j’aurais volontiers béni ce dernier jour, si votre aimé avait échappé à son funeste destin. Mais il reste encore demain et je crois aux miracles, plutôt que de quérir une journée de plus, je vais appeler « Dame Melior » qu’elle vous rende votre aimé, l’on dit de par les bois et vallées qu’elle ne peut refuser une dernière volonté, alors telle sera la mienne.

Ainsi dame jonquille adressa-t-elle ses prières aux bonnes grâces de « Dame Melior », la fée qui règne sur le monde des sylphes, ces petits êtres étonnants et adorables génies des vents qui, entre autres, aident les végétaux à se rapprocher dans leurs épreuves. L’hirondelle s’était proposée de veiller les allers et venues des pêcheurs pour s’enquérir de nouvelles fraiches, mais rien ne laissait présager un quelconque changement. Alors que dame jonquille se mourrait, au cœur de la nuit, des bruits de pas résonnèrent, l’hirondelle qui ne dormait que d’un œil, fut immédiatement alertée. Tapie derrière le haut feuillage d’un frêne, elle observait le balai inquiétant des pêcheurs. Ceux-ci avaient décidé de ferrer le poisson aux premières aurores, armés de lampes de poche, ils préparèrent donc leurs cruels appâts en embrochant d’innocents lombrics. L’un des deux humains parla à l’autre :

- J’espère qu’on pourra se faire une bonne fricassée aujourd’hui

L’autre répondit

- A cette saison, ce serait étonnant de revenir bredouille

- C’est toujours une bonne saison pour la pêche le printemps, plein d’alevins et de gros poissons, de quoi passer une bonne saison.

- Au fait, que fait-on de ce roseau à moitié mort ?

- Jette-le, ou brule-le ! T’embarrasse pas avec, personne ne l’attend de toute manière…

L’hirondelle qui ne perdait pas une miette de la discussion des humains, fut effrayée d’entendre une sentence de mort aussi facilement prononcée. Son petit cœur battait si rapidement qu’elle entendait dans son corps entier chaque coup retentir comme des pas de géants. Elle ne savait quoi faire, avertir les autres aurait été inutile, personne n’aurait rien pu y faire, elle regarda donc, résignée. L’un des deux hommes prépara quelques fagots dans le but de faire un feu, il craqua une allumette. Les flammes prirent bientôt vie, et l’on pu voir les ombres agitées de la nuit danser sur les arbres et les buissons. L’homme se saisit du roseau, puis, se préparant à le briser avant de le sacrifier aux flammes cruelles, il s’arrêta soudain. Pendant que son comparse préparait le matériel de pêche, l’homme, isolé, devant son feu de bois, cessa tout mouvement. Une lumière intense pénétra l’homme au niveau de sa poitrine, puis s’évapora dans la nuit. Puis, l’homme, éteignit le feu, prit une pelle et replanta le roseau malade sur la berge. Il retourna ensuite pêcher non loin de là. L’hirondelle, témoin de ce miracle, s’endormit pour les quelques heures restantes avant l’aurore.

Après un sommeil réparateur, la pauvre demoiselle roseau s’éveilla, son regard se porta de suite sur la berge d’en face, mais il n’était pas là, il n’y avait donc pas eu de miracle. Elle se tourna vers dame jonquille pour la saluer et prendre de ses nouvelles, mais la nuit avait eu raison d’elle, sa jolie fleur était fanée et touchait terre, c’était fini pour cette année. Le chagrin envahit demoiselle roseau, elle cria aux vents ses chagrins pour que ceux-ci soient emportés bien loin.

- Mais qu’ai-je donc fait pour perdre ainsi mon aimé et mon amie ?

L’hirondelle se pose sur demoiselle roseau, et lui tint ces propos :

- Je dois te dire quelque chose demoiselle roseau

- Aurais-tu des nouvelles à propos de mon aimé ?

- Assurément j’en ai!

- Je t’écoute ma chère hirondelle, parle donc !

L’hirondelle lui raconte ce qu’elle a vu, lui expliquant la menace terrible qui pesait sur son compagnon lorsqu’un humain voulait le bruler. Puis, l’apparition de cette lumière incroyable, dont l’oiseau avait cru y reconnaitre une silhouette féminine, comme une fée des bois. Demoiselle roseau, intriguée, reprit soudain goût à la vie, elle interrogea l’hirondelle :

- Mais, ou donc mon aimé aura-t-il été replanté, car je ne le vois ni en face, ni ailleurs.

Une voix toute proche se fit entendre alors :

- Peut-être est-ce parce que vous n’y regardez pas vraiment, car si votre curiosité vous avez poussée à chercher au plus proche de vous, c'est-à-dire à vos côtés, assurément, vous m’y auriez trouvé.

Demoiselle roseau prend soudainement conscience que son aimé a été replanté juste à ses côtés, ce qui répondait à ses rêves les plus audacieux, le miracle avait bien eu lieu. Ils s’enlacèrent amoureusement pendant des heures interminables. Lorsqu’ils se remirent de leurs émotions en savourant ce bonheur nouveau, l’élégant roseau dit à sa demoiselle les mots suivants :

- Mon aimée, vous devez à présent tout savoir.

Elle répondit, intriguée mais curieuse :

- Je vous écoute mon tendre et cher

L’élégant roseau conta alors à sa promise, ce qui lui est arrivé.

- Lorsque ces hommes m’ont ravi de ma terre d’accueil

J’ai alors compris que je vous avais perdu

Lorsqu’ils m’ont emmené, c’était vers un cercueil

Peu importait, fut-ce une berge ou un talus

- Quand ils m’ont ensuite emmené pour me bruler

Je n’osais plus cultiver la moindre espérance

J’en pleurais de ne pouvoir jamais vous aimer

J’étais résigné, attendant la délivrance

- Puis, j’ai aperçu une très vive lumière

Le regard d’une fée, sur mon bois s’est posé

C’était la réponse à une fleur en prière

Qui, à ce que m’a dit la fée, s’est sacrifiée

Elle me tint ces propos au travers de ces mots

- Cher petit roseau apeuré, le cœur saignant

De la belle jonquille je réponds aux prières

J’adoucis le cœur de l’homme l’espace d’un instant

Afin que l’amour se substitue à la pierre.

Enlacez-vous pour l’éternité…

Plusieurs années après, les deux roseaux étaient si profusément enlacés dans leurs tiges et dans leurs racines, qu’ils ne faisaient plus qu’un seul et même pied, imposant et prospère. Autour de ce magnifique pied de roseaux, beaucoup de petits roseaux prospéraient en joie, la généreuse chevelure offerte au vent, un vent qui venait chanter en s’engouffrant dans les entrelacements des éternels amants...

Elendë

L’image contient peut-être : 1 personne, fleur
L’image contient peut-être : 1 personne, fleur
 
 
Module de Commentaires (On pose les questions ici!) [haut de page] Mahaled!!
 

 
 
 
Mis en ligne le 02/11/2019, son contenu, est la propriété intellectuelle d’Elendë Nolofiñwé | Copyright©Elendë.2019