Nom commun : Noni.
Nom botanique : Morinda citrifolia, famille des rubiacées.
Noms anglais : Noni, indian mulberry.
Parties utilisées : Fruits, feuilles, racines.
Habitat et origine : Arbrisseau à feuillage persistant originaire des îles du Pacifique, de la Polynésie, de l'Asie et de l'Australie.
Habitat et origine : Arbrisseau à feuillage persistant originaire des îles du Pacifique, de la Polynésie, de l'Asie et de l'Australie.
Usage interne : combattre les infections bactériennes, virales, parasitaires ou fongiques; prévenir la formation ou la prolifération de tumeurs; soulager les rhumatismes et l’arthrite; traiter les troubles menstruels.
Usage externe : traitement des blessures, des plaies et de l’inflammation.

Posologie
Les données sont insuffisantes pour suggérer un dosage pour les usages traditionnels et pour les allégations des nouveaux usages des extraits et du jus de noni que l’on retrouve dans le commerce.

Historique
On pense que les Polynésiens font un usage médicinal du noni depuis plus de 2000 ans. Traditionnellement, toutes les parties de la plante sont utilisées : feuilles, racines, écorce, fleurs et fruits.

Les usages externes comprennent principalement le traitement des blessures, des plaies et de l’inflammation.

Les usages internes sont très variés : rhumatismes, arthrite, troubles menstruels, maux de gorge, diarrhée, cancer, stimulation du système immunitaire, infections bactériennes, virales, parasitaires ou fongiques, etc.

On a répertorié une quarantaine de remèdes traditionnels renfermant l'une ou l'autre des parties de la plante.
Même si les fruits mûrs de noni dégagent une odeur désagréable, plusieurs explorateurs européens ont rapporté que les Polynésiens les consommaient, surtout en période de disette. Les jus et concentrés de noni du commerce ont généralement subi une transformation qui permet de masquer l'odeur carrément répulsive des fruits. Les extraits secs de noni, présentés sous forme de capsules ou de comprimés, permettent également de pallier cet inconvénient.
Le jus de noni a connu un essor particulièrement remarquable grâce à des campagnes de promotion de réseaux à paliers multiples le présentant comme une panacée : aux États-Unis les ventes sont passées de 33 millions $ US par an en 1999, à 250 millions $ US en 2007. Le noni fait l’objet d’une culture commerciale tant dans les îles du Pacifique, comme Tahiti et Hawaï, qu’en Australie et, plus récemment, en Floride.

Jus de noni
Des allégations tous azimuts et non fondées scientifiquement
Les distributeurs de jus de noni affirment, dans leurs sites Internet ou sur leurs dépliants publicitaires, que leur produit peut soulager ou guérir de nombreuses maladies comme le cancer et le diabète, en passant par l’hypertension, les allergies, les migraines, sans oublier la maladie d’Alzheimer, la fibromyalgie, l’arthrite et l’obésité... Aucune de ces allégations ne repose sur des données scientifiques.
Il est aussi intéressant de noter qu’en 2002, un comité scientifique européen s’est penché sur une demande d’autorisation de mise en marché* présentée par le fabricant du Tahitian Noni® Juice.
Le comité a recommandé d’autoriser la vente de noni en Europe, mais a aussi conclu ceci : « Bien que certains bénéfices nutritionnels soient prêtés au jus de noni, les données examinées par le Comité n’ont fourni aucune preuve que ces bénéfices soient supérieurs à ceux d’autres jus de fruits. »1
La vente de noni est permise depuis 2003 en Europe, où tout nouvel aliment ou ingrédient doit être approuvé avant d’être mis en marché.

Recherches
À ce jour, seuls des essais in vitro et sur des animaux ont permis de valider certains des usages médicinaux traditionnels du noni : de plus, la grande majorité ne porte pas sur le jus du fruit, mais sur d’autres parties de la plante.
Au cours des années 1980, le biochimiste Ralph Heinicke, connu par ailleurs pour ses travaux sur la broméline, aurait observé que le noni était riche en proxéronine. L'organisme transformerait cette substance en xéronine, un alcaloïde qui jouerait, selon lui, un rôle primordial dans divers processus immunitaires. Cependant, la proxéronine et la xéronine n’ont, à ce jour, pas été caractérisées2. Un essai récent mené sur des veaux indique toutefois que la purée de noni a eu un effet bénéfique sur leur immunité3.

Les chercheurs ont aussi concentré leur attention sur les glucosides que renferment les feuilles de noni et en ont identifié un ayant une forte activité antioxydante, ce qui peut expliquer certains des usages externes traditionnels de cette partie de la plante4-6.
Des chercheurs philippins ont observé qu'un extrait de noni possédait une activité antituberculeuse in vitro7. Par ailleurs, les résultats de divers essais in vitro et sur des animaux permettent de croire que les fruits et la racine du noni renferment des substances ayant une action immunorégulatrice8-10. Pour leur part, des chercheurs français et coréens ont rapporté que l'administration d'un extrait de racine de noni à des souris avait eu des effets analgésiques et sédatifs11,12 et anti-inflammatoires12.

Divers
Des chercheurs ont étudié l’effet protecteur du jus de noni sur les dommages oxydatifs13, la perte d’audition15, sur la réduction des tumeurs cancéreuses16 et du taux de cholestérol chez les fumeurs17. Les résultats de ces essais non publiés13,16,17 ou de faible qualité méthodologique15 ne permettent pas de conclure à l’efficacité du jus de noni.
Des essais in vitro et sur des animaux indique que des extraits de jus de noni ont une activité anti-inflammatoire, antioxydante et antidiabétique1. Un essai récemment mené sur des rats n’a cependant pas été concluant au chapitre de l’effet neuroprotecteur de cette activité antioxydante14.
PrécautionsContre-indications• Grossesse et allaitement. Bien qu'aucun effet indésirable n'ait été rapporté concernant la consommation de noni durant la grossesse ou l'allaitement, certaines sources estiment que les femmes enceintes et celles qui allaitent devraient s'abstenir d'en consommer. Notons que, traditionnellement, les Polynésiennes buvaient du jus de noni pour refaire leurs forces après l'accouchement, donc durant la période d'allaitement. Par contre, les feuilles et le fruit ont déjà été utilisés de façon traditionnelle pour provoquer les menstruations ainsi que pour leur effet abortif (dosages non spécifiés)2.

Effets indésirables? Hépatotoxicité.
Trois cas de troubles du foie associés à la consommation de jus de noni ont été rapportés19-21, dont un ayant mené à une transplantation. On s’est notamment inquiété de la possible présence de substances dommageables pour le foie et pour l'ADN (anthraquinones) dans le jus de noni, parce que les racines de l’arbrisseau en contiennent. Cependant, en 2006, un panel scientifique européen a conclu qu’il est peu probable qu’une consommation normale de jus de noni cause des dommages au foie22. De plus, selon une analyse toxicologique publiée en 2007, il n’y a pas d’anthraquinones dans le jus de noni23.
InteractionsAvec des plantes ou des suppléments• Aucune connue.

Avec des médicaments
Diurétiques d'épargne potassique (triamtérène, spironolactone, etc.) Théoriquement, la consommation de jus de noni, dont la richesse en potassium est comparable à celle des jus d'orange et de tomate, pourrait faire augmenter les taux de potassium au-delà de l'effet habituellement attribué à ce type de diurétiques.

• Inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA : Enalapril, lisinopril, etc.). Théoriquement, la consommation de jus de noni, dont la richesse en potassium est comparable à celle des jus d'orange et de tomate, pourrait faire augmenter les taux sanguins de potassium parce que ces médicaments diminuent l’excrétion du potassium.

• Warfarine. Parce que le noni stimulerait l’effet détoxiquant du foie, un peu comme le fait le brocoli, il est possible que la consommation des fruits diminue les effets de la warfarine, un anticoagulant de synthèse. Un cas a été rapporté jusqu’à présent24.
L’avis de notre nutritionniste

Les jus de fruits de noni sont associés à des vertus santé exceptionnelles par leurs fabricants et leurs distributeurs. Pourtant, pour le moment, aucun essai clinique de bonne qualité confirmant ces allégations n’a été publié.

Le prix élevé de ces jus et l’absence de données cliniques fiables ne justifient pas, à l’heure actuelle, leur ajout à notre alimentation. D’autant plus nous avons déjà accès à une grande variété de petits fruits et de légumes locaux dont plusieurs ont des propriétés bénéfiques cliniquement démontrées et une valeur anti-oxydante élevée : bleuet, framboise, fraise, brocoli, tomate, oignon, par exemple. La meilleure fontaine de jouvence se trouve dans nos actions quotidiennes pour prendre soin de notre santé et non dans un seul aliment.

Hélène Baribeau, diététiste-nutritionniste
novembre 2008

Sur les tablettes
Le jus de noni est souvent distribué par des réseaux de vente à paliers multiples. Dans le commerce, le noni est offert principalement sous forme de jus à raison de 40 $ à 50 $ le litre. À vous de décider si le prix « en vaut la chandelle »...


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